Compte rendu marathon de la Rochelle 2018: la consécration

(Intro calquée sur la série New York Unité spéciale) Dans le monde du running, les records personnels sont considérés comme particulièrement exigeants. A la Rochelle, les runneurs qui se battent sur cette course sont membres d’une unité d’élite appelée unité spéciale de marathoniens. Voici leurs histoires…DONG DONG!! Enfin mon histoire… DONG DONG

Un marathon qui tombe à pic sur une année nulle en challenge où ma seule préoccupation était de continuer à perdre du poids, et, ou un emménagement à deux m’avait un peu eloignée des sessions d’entraînements et rapprochée des apéros!

Aout 2018, je me réveille 3 mois avant la date, peu de km dans les pattes, parfait pour faire une préparation de folie…ou pas!

Jour J:

Je pars pour un objectif clair, finir dans les délais soit 5h30 (après un tout premier marathon catastrophe que je termine sur les genoux en 5h55). Bien évidemment la confiance revenant pendant la préparation, je vise 5h15 (officieusement 5h10 ou moins, si mon coach savait…).

Comme à chaque départ, on est entassé et collé les uns aux autres, mais ça tombe bien, j’ai pas eu ma dose de câlins, alors j’apprécie d’avoir un souffle chaud ou quatre sur ma nuque. Le départ est donné en 2 temps, ce qui nous permet de partir par vagues. Ca ne change rien, j’ai autant les chtouilles et les fesses qui claquent comme des castagnettes. Bref j’ai la frousse. Mes amis sont sur la ligne de départ et j’ai ma reporter et supportrice de choc qui me suivra sur les derniers km, je suis parée pour en chier.

La musique est lancée, sur ma peau se dessine les frissons d’avant course et j’ai la gorge qui se serre: j’y suis après 3 mois de prépa et de séances de plus en plus longues et de plus en plus rapides, je vais pouvoir lâcher les chevaux (enfin les poneys quoi!!!!).

Les premiers mètres sont toujours au ralenti le temps que la foule de coureurs se dissipe. Je vois des pieds, des culs, des k-way, des looks mais j’essaie tout de même de frayer mon chemin et surtout: RESPECTE L’ALLURE TRAVAILLEE (ça c’est le coach qui dit c’est pour ça que je l’écris en gros).

Me voila partie sur 7’20 en allure, je suis en aisance totale et je sens que je vais kiffer. Les km défilent, je sens bien mes jambes (vous savez ce que ça veut dire ça, je sens bien mes jambes…que t as envie d’accélérer mais… RESPECTE L’ALLURE TRAVAILLEE il a dit le coach).

Km 5: put*** ca va être du gâteau, j’ai trop la patate.

Km 9: et bim bientôt 10km, juste encore 3 fois ce que tu viens de faire…

km 19: je croise ma supportrice qui vient me faire coucou, elle s’inquiète, parait-il que j’ai baissé l’allure et que je suis en 7:40. What the phoque? bah oui, la rochelle c’est venteux et pluvieux…hummmm, voila ti pas que le vent me forcer à baisser la tête et courber les épaules pour lutter. Tu peux être le ou la plus entrainé, quand le vent se lève…(c’est trop tard pour serrer les fesses quand t’as fais au lit)…t’as plus qu’a lutter. Alors je lutte mais ne romps pas. Je remets un coup pour tenir l’allure visée.

Km 20: quoi? 1km seulement, ça va être long…

km 28: le vent s’est levé de ouf… j’ai mal aux épaules et au dos, rien aux jambes. J’ai froid, j’ai l’impression que la pluie fine pénètre sous ma peau, alors pour lutter, je mange un peu plus. Ma chance? J’ai fait la plupart de mes sorties longues sous la pluie. Voilà que je m’enfile mon petit lait concentré tranquille.

Km 32: je déteste ce faux plat, 1,5km avec le vent bien sûr sinon c’est pas drôle. Je suis pas encore dans le rouge, d’autant que ma pote supportrice a trouvé un vélo et qu’elle m’accompagnera donc sur ces 10 derniers km. Elle m’énerve, elle pédale tranquille et va plus vite que moi. Je cherche tout de même son regard, j’ai besoin de réconfort. elle le sent, elle m’encourage et me coach sur ma foulée, ma respiration , mon regard qui parfois se perd au loin. Je commence à remonter des runneurs à l’agonie. Je sais que de les dépasser , leur assène un coup, mais moi, ça me fait du bien.

Km 35: c’est long, mais je tiens bon. Chaque ravito est l’occasion de se dégourdir les jambes car je marche sur 50mètres et je met un point d’honneur à repartir dès que le gobelet d’eau est jeté sans me poser de question. Je repars en courant, d’autres n’y arrivent pas, ça me forge le mental.

Km 36: le bout du bout. Je commence a être fatiguée par ce vent qui me tape sur le système, mes jambes tiennent bon mais je m’étire les épaules et le haut du dos de plus en plus. Ca m’agace. Et comme je m’agace, ça m’agace. Et comme ça m’agace que je m’agace..bah ça m’agace!! Ma supportrice, voit que je gesticule et me déconcentre, elle me met un taquet mais surtout m’aide d’une voix calme mais ferme, à me recentrer sur ma foulée.

km 38: j’en ai ras le cul, plein le baba, ras la culotte…Bref je commence à en avoir ras le bol. J’ai envie de marcher et je le formule à ma suiveuse qui m’a vite fait passer l’envie en me tuant du regard et de sa question à 1million. Tu sais cette question, lors de la finale de qui veut gagner des millions. Ou tu es prêt a appeler un ami(moi en l’occurence je voulais chialer ma mère ouai), à faire un moit-moit parce que tu veux juste avoir la bonne réponse. Et ma réponse à intérêt à être la bonne, car elle rigole pas.

Elle me demande: tu es certaine que tu as vraiment envie de marcher (attendez la suite…)…… à 4km de l’arrivée? Haaa, je sens que toi aussi, cher lecteur, tu ressens la pression. Pétrifiée par son regard…j’ai continué de courir, dans le doute, je me reposerai la question plus tard.

Km 38,500: Moment déterminant de la course(puisque je pouvais pas marcher, fallait bien que je trouve une autre excuse), je demande à ma supportrice: « on en est où de l’objectif? ». Et là, c’est le drame, 5h19 et 40sc… Pouahh je suis dégoûtée, et en même temps je suis vénère. J’ai pas l’impression de chômer, ni de ralentir, j’ai même l’impression de me battre à chaque foulée. Mais c’était pas suffisant.

Mon objectif de 5h15 s’éloigne… je suis piquée au vif! Chose improbable, j’accélère! Je lève les genoux, je relance les bras, je lève la tête, je sens que mon visage est fermé, ma suiveuse s’écarte, je pense qu’elle lit que je vais aller les chercher. Elle m’encourage et me dit que je réalise une belle course. Je suis fière et émue..déja..ma tête me lâche pourtant, une larme puis deux s’échappent. Putain que je reviens de loin ces derniers temps. Comme une envie de revanche, de retrouver confiance, de croire à la vie et au futur, je lève les jambes et je sens que je repars sur un rythme plus rapide. Ma seule obsession: accélérer et atteindre ce 5h15 soit reprendre Plus de 4 min sur 4km…

Km 39: mon accélération me fait mal, mes jambes sont raides mais pas ma tête et encore moins ce petit coeur qui vibre pour ce défi. Je lâche rien, j’ai mal…

KM 40: cette bannière qui indique la fin de la souffrance bientôt..Je dis à ma supportrice de me laisser et de me retrouver à l’arrivée. Elle doute, et pense que je vais marcher. Moi aussi je doute mais pas longtemps: je ne marcherai pas, pas si près du but. Je serai finisher sans marcher, j’aurai au moins ça, à raconter à noël autour de la cheminée (bon ok on n’a pas de cheminée), mais c’est toujours plus glamour de dire ça, que de le raconter clope au bec par le balcon, ou près du radiateur… JE NE MARCHERAI PAS, c’est ma promesse

KM 41: ça sent bon et je suis toujours plus rapide que les derniers km… en boucle, 5h15, 5h15, 5h15

KM 42: des copines crient mon nom, enfin des visages que je connais, putain j’ai la gorge serrée… Ca court à côté de moi, je sais pas trop ce qu’on me dit, je veux juste passer cette ligne bordel. Je suis épuisée.

Tapis rouge…enfin bleu pour cette arrivée pas très spectaculaire d’ailleurs je suis un peu déçue. 5h17 au compteur, je n’ai repris que 3 minutes sur les derniers 4km…

Je suis entourée de copines qui me félicitent. Les pauvres, elles ont attendu sous la pluie. Je sais aussi que j’ai été suivie par des dizaines de personnes via messenger, Facebook, sms et même des gens que je ne connaissais pas, j’ai une pensée pour eux. Ca m’a transportée tout le long.

Je suis déçue… mais ça dure quelques secondes. Je repense aux paroles du coach la veille: rappelle-toi pourquoi tu m’as contacté. Tu voulais juste être finisher dans les délais. Ce 5h15 c’est la cerise sur la chantilly du gâteau, en vrai ce qui compte, c est d’être dans les délais non?

On a souvent tendance à oublier pourquoi on a commencé… Bordel, je suis finisher dans les délais et sans marcher. Je suis convaincue que des gens ordinaires peuvent faire des choses extraordinaires.

Un spécial remerciement à:

Bruno Heubi mon coach qui m’a tuée ces 3 mois mais aussi:

  • encouragée
  • accompagnée
  • révélée
  • élevée
  • canalisée
  • écoutée
  • engueulée
  • coachée

Bref j’ai fait ma préparation marathon avec un deglingo, que tu peux contacter ici: https://www.brunoheubi.com

 

 

 

10 réflexions sur “Compte rendu marathon de la Rochelle 2018: la consécration

    1. Derrière chaque médaille se cache une supportrice en vélo de folie qui a des knickers, des schtroumpfs, du lait concentré!!

      oui génial!! Mon oreillette me dit que tu vas acheter une trottinette électrique.

  1. Bravo bravo oua moi tu m’impressionne énormément et tu as été et restera toujours une battante bravo maurruru pour cette histoire et bravo et bravo au coach pas pour la course lol mais pour l’avoir supporter 3mois mdt biz

    1. Puréé Julien. Ton message me touche énormement!merci d’avoir pris le temps de me lire, vraiment, ça me va droit au coeur. oui le coach a serrer les dents effectivement mais bon, il s’est pas trop plaint. tellement pas qu’on repart pour un autre challenge.
      Et bravo a vous. Notre Miss France bien locale. gros bisous a tous et vive la polynésie

  2. Hello doun
    Super CR plein d émotions et de vécu
    Quand le mental est la tout va !
    Et comme tu le dis …des gens ordinaires 😉c est ce principe qui m à amené au tri puis à l IM , toujours à mon rythme
    Et le prochain c est ?
    Erwan

    1. Coucou le Breton,

      Je pars pour le marathon d’Annecy dans moins de 3 mois, ensuite je vise un 100Km ou une course horaire de 12H. Et comme toi, à mon rythme, le plus important, c’est de continuer a kiffer. Un IM surement en 2020!!!Bravo pour ton RP à longchamps 🙂

  3. Fière de toi à Doune! Je voudrais être ta supportrice sur le prochain, celle qui t’enlève l’envie de marcher, ou être sur la ligne d’arrivée pour te serrer dans mes bras!
    Bise ma biatche

    1. Oh ma djool! Toi ici, ça me fait plaisir. Je passerai faire un marathon à Toulouse dès que mon frangin pourra à nouveau courir comme ça tu pourras me coller aux fesses si je baisse le rythme.

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